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Je vous souhaite la bienvenue sur mon site

de poésie.

 

Voici mon poème "MON FRERE" sur la musique de l'ouverture de Coriolan de Beethoven.

 

 

 

Mon frère

 

Voici mon frère qu’on déterre nos morts

Voici mon frère qu’on les enterre une seconde fois

Voici mon frère qu’on veut assassiner notre mémoire

Celle de tout un peuple pacifique martyrisé

Et nous faire perdre tout souvenir de notre passé

De nos agonies de nos douleurs de nos souffrances

Voici mon frère un nouveau carnage moral

On veut tuer la mémoire collective d’une nation

 

Il ne suffit pas d’avoir massacré exterminé[1]

On veut aussi saccager la mémoire des survivants

Interdire la dénonciation des coupables

Interdire la condamnation des criminels

La sanction du crime organisé du génocide

D’un peuple innocent détroussé bâtonné,

Torturé violé égorgé pendu assassiné

Serait interdite censurée hors la loi !

Seule la parole négationniste aurait droit de cité

Tout un peuple perdrait son âme son passé

On donnerait raison aux tortionnaires

Aux assassins crapuleux aux massacreurs

Aux organisateurs du génocide sacrés « héros nationaux »

Au triumvirat aux Talaat[2] aux Enver aux Djemal

On leur édifie des mausolées et des statues

Sur la colline d’Istanbul et à Ankara

 

Voici mon frère qu’on veut nous bâillonner

Voici mon frère que la bête immonde reparaît

Voici mon frère qu’on veut enterrer l’histoire

L’enterrer aux côtés d’un peuple martyr !

Où êtes-vous hommes de liberté démocrates

Ardents défenseurs des droits de l’homme

Pourfendeurs des atteintes aux libertés

Où êtes-vous âmes sensibles et rebelles

Où êtes-vous lâches aux consciences paralysées ?

Vous joignez vos voix complices à celles

Des adulateurs des massacreurs d’Anatolie

Mais l’heure de la vérité sonnera au tribunal de l’histoire

 

Levez-vous premiers massacrés d’Abdul Hamid[3]

Venez de Trébizonde de Sassoun d’Erzeroum

Levez-vous en masse massacrés d’avril 1915

Venez massacrés du désert cendres ossements

Crânes poussières cadavres sans sépultures

 

Des charniers de Mésopotamie de Deir es Zor

De Deurt Yol, de Hadjin, d’Erzeroum, de Van

De l’Euphrate charriant des flots de sang

Levez-vous regardez vos bourreaux dans les yeux

Ils vous exterminent une seconde fois

Sur l’autel sombre et macabre de l’histoire

 

Voici que surgissent nos frères résistants de Moussa Dagh[4]

Voici ceux de Chabin-Karahissar de Van de Chatakh

Voici ceux de Zeitoun d’Urfa de Sassoun de Mouch

Vous vous êtes battus héroïquement désespérément

Voici mes frères qu’on vous enterre à nouveau

Serons-nous toujours un peuple voué à l’enfer ?

 

Prenons garde mes frères de ne jamais accepter l’inacceptable

Sinon le glas résonnera à nouveau sous d’autres cieux
Mes frères venez demander justice et reconnaissance

Justice justice justice pour le peuple arménien

 

 

2006                                      

 

 



 

 

[1] Ministre de l’Intérieur, Talaat Pacha envoie le télégramme suivant aux cellules du parti des « Jeunes-Turcs » :

« Le gouvernement a décidé d’exterminer entièrement  les arméniens habitant en Turquie. Ceux qui s’opposeront à cet ordre ne pourront plus faire partie de l’administration.  Il faut mettre fin à leur existence, quelque tragique que puissent être les moyens d’extermination, sans égard pour les femmes, les enfants et les infirmes. Les scrupules de conscience n’ont pas leur place ici ».

[2] Le Comité « Union et Progrès » nom officiel du parti des « Jeunes Turcs », parti au pouvoir dont Talaat, Enver et Djemal constituaient le Triumvirat, dirigea l’Empire Ottoman durant la 1ère guerre mondiale.

[3] Le Sultan Abdul Hamid, surnommé « le Sultan rouge », entreprend des vagues de massacres, de meurtres massifs d’arméniens, en 1895 et 1896. Il impose un régime de terreur jusqu’en 1908. 2 à 300.000 victimes.

Des massacres eurent lieu en Cilicie, en avril 1909, 30.000 victimes.

[4] Principalement dans ces villes, les arméniens refusèrent la déportation, se révoltèrent et résistèrent désespérément avec des moyens dérisoires. La résistance de Moussa Dagh est un épisode héroïque internationalement connu et immortalisé grâce au fameux livre du romancier Franz Werfel, « Les quarante jours du Musa Dagh ».

 

C’est avec joie que je vous accueille.

 

Avant tout, permettez-moi de me présenter en vous proposant une brève biographie.

 

Je suis né à Paris en 1931, de parents d’origine arménienne, ma mère était née à Istanbul, mon père, rescapé du génocide arménien, à Ortaköy.

J’ai acquis la nationalité française tout de suite après ma naissance, par déclaration devant un Juge.

Après des études à l’Ecole Victor Hugo à Alfortville, passionné de piano, j’entrepris des études musicales, d’abord à l’Institut Courbin, ensuite à l’Ecole Normale de musique de Paris où je me spécialisais en musique de chambre, en particulier dans la forme sonate piano/violon.

J’ai donné sous l’égide du « Tryptique » des concerts de sonates avec des violonistes, obtenant des critiques favorables.

J’enseignais la musique aux enfants pendant 25 ans en utilisant des méthodes modernes.

Mes centres d’intérêt : la famille, la poésie, la littérature, la philosophie, les sciences dont l’astronomie et la physique nucléaire, l’informatique, la photo numérique, la nature, l’Amérique du Sud et particulièrement la Colombie.

Je suis marié, retraité, une fille et 3 petits-enfants. 

 

C’est l’amour de la poésie qui m’a incité à créer ce site pour vous faire connaître mes poèmes qu’un éditeur « Mémoires et cultures » a publiés sous le titre « Témoignage ».

Je vous en livre la préface ainsi que quelques poèmes, en souhaitant qu’ils retiennent votre attention. J’attends vos remarques et critiques. N’hésitez pas à m’écrire.

Je serai heureux de faire votre connaissance.

Mon adresse e-mail : armand.manoukian@free.fr.

 

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