MARIA JULIA
A Bogota une enfant nous espérait
Une enfant à Bogota nous attendait
Et ne savait pas ne savait pas
Que nous t’aimions déjà
Seule dans un faubourg de Bogota
Une fleur sauvageonne a poussé seule
Sous le plus beau soleil inimaginable
Seule dans un jardin semé de rêves
Seule dix ans seule parmi les vertes herbes
Seule dix ans seule esclave terrorisée
Seule dix ans seule à l’ombre d’un arbre
Elle savait qu’elle nous attendait
Et mère et père désirait
Seule depuis dix ans seule
A Bogota où trois cœurs sont nés
Une fleur en pleurs prête à être cueillie
Une enfant ardente palpitait
Tendue dans l’attente émue
D’une tendresse maternelle inconnue
Rencontre capitale à Bogota
Où trois cœurs se sont unis
Dans une modeste maison
D’un faubourg de Bogota
A l’ombre d’un arbre centenaire
Nous n’en savions que ses prénoms
Son âge sa vivante tendresse
Une enfant à Bogota nous attendait
Et ne savait pas ne savait pas
Que déjà nous te portions dans notre cœur
Pour cent ans cent ans d’amour
Maria Julia fleur éclose
Dans une verte prairie close
Ta Colombie terre d’espérance
Nous t’a donnée sans retour
Orpheline ton cœur meurtri
A cogné dans tous les sens
Lorsque nous avons frappé
Avec cent ans d’amour à ta solitude
1984