L’HOMME S’EN EST ALLE
Quand la mémoire sera enfouie
Qui dira les jours heureux lointains ?
Qui dira les jours d’un passé tourmenté ?
Ces temps où la lumière inondait les nuits
Où le jour la nuit terrassait l’éclat du soleil
Nos cœurs se sont désintégrés
Comme des boules de cristal pulvérisées
La sauvage nuit telle une chape glaciale
A remplacé ce temps de lumière
Et s’est installée à perpétuité
Qui dira la glaciation des âmes ?
Qui témoignera du temps des criminels ?
Ce fut d’abord la mutilation des corps
Et l’homme s’en est allé
Ce fut ensuite la meurtrissure mentale des survivants
Et l’homme s’en est allé
Ils n’avaient pas veillé
Ils n’ont pas résisté à l’infamie
Les ténèbres sont venues pour l’éternité
L’homme s’en est allé
Le bonheur s’en est allé
1998