«Je suis homme, rien de ce qui touche à l’humanité ne m’est étranger » (Tarence)
PREFACE
C’est par le plus grand des hasards, en effectuant des recherches de sites de poésies sur Internet, que j’ai découvert un jour « Les Editions Associatives Mémoires et Cultures », association qui a pour but de promouvoir l’écrit et aide les auteurs à être publiés. Je me suis renseigné à titre documentaire, sans aucune intention préalable et des réponses aimablement données par Madame Elisabeth CAILLY est née l’idée de cette publication. Qu’elle soit ici remerciée chaleureusement pour ses conseils et son aide.
Pour me présenter, je dirais d’abord que je suis né à Paris, en 1931, de parents d’origine arménienne. J’ai acquis immédiatement la nationalité française par décision d’un Juge, c’était la pratique à l’époque.
Enfant, l’amour de la musique et de la poésie est né en même temps que celui pour la littérature et les arts en général. Tout ce que l’homme a créé de beau sur cette terre me touchait, m’émouvait.
Ma tante maternelle, qui m’offrait toujours un cadeau à mon anniversaire et à Noël, m’offrit un jour une anthologie de la littérature française.
Ce fut une révélation et de là je partis de découvertes en découvertes.
La musique m’attirait et me passionnait par-dessus tout. J’effectuais donc des études musicales à l’Institut Courbin, puis à l’Ecole Normale de Musique de Paris, je donnais en tant que pianiste des concerts de musique de chambre et j’enseignais la musique aux enfants pendant 25 ans.
La poésie m’attirait aussi énormément et j’ai commencé à rédiger de petits poèmes en 1950. Lorsque l’inspiration venait, impulsivement, spontanément, suite à un événement, à une émotion, j’écrivais alors ce que je ressentais.
Parallèlement, j’avais découvert très jeune la réalité sociale, la misère. J’étais très sensible à tout ce qui touche à l’injustice dans tous les domaines.
D’où une prise de conscience, d’où ma révolte, ma contestation tout azimut.
Je me décrirais comme un homme libre, un démocrate, n’hésitant pas à prendre parti et à lutter pour les causes justes, condamnant toutes les dictatures, tous les totalitarismes.
D’être né d’un père rescapé à 14 ans du premier génocide du XXème siècle, le génocide arménien, sa grande famille presque entièrement massacrée, a été pour beaucoup dans mes engagements, dans les combats pour sa reconnaissance et la condamnation de tout négationnisme. Les poèmes « L’homme s’en est allé » et « Mon frère » illustrent bien ma pensée.
Je relate tout cela pour en venir à l’ultime explication de l’existence de ces quelques poèmes. Ils furent le fruit d’émotions fortes, de sentiments intensément ressentis.
C’est dire aussi la place qu’occupe dans mon esprit la mémoire humaine et la nostalgie, pour ne pas oublier le passé, le vécu, les siens, pour se souvenir.
Sans mémoire, pas de nostalgie et de souvenirs heureux dans le présent de chaque jour.
Et c’est le sens de ma démarche : décrire ces réalités le plus objectivement possible, ce qui n’est pas facile.
Trois événements humains essentiels allaient marquer ma vie et provoquer bonheur, joies, douleurs, révolte.
Que l’on me pardonne si j’évoque ici ma vie privée, mais sa nécessité s’impose pour la compréhension des textes et d’épisodes douloureux qui doivent être rappelés pour apporter un véritable éclairage sur la genèse de ces poèmes.
En 1951, au cours du voyage qui me menait en vacances à Istanbul, chez ma tante maternelle mariée et installée là-bas, je rencontrais et faisais la connaissance de celle qui allait devenir en 1954 ma femme. En outre, j’y découvrais une misère qui devait être à l’origine des tout premiers poèmes.
En 1984, ma femme et moi, nous adoptions une petite colombienne de 10 ans, Maria, qui allait devenir notre fille et nous apporter un véritable bonheur, ce qui m’inspirera plusieurs des poèmes de ce recueil.
Hélas, une tragédie bouleversait notre vie et nous plongeait dans l’enfer. En 2000, un prédateur, violent et pervers, la frappa avec barbarie et nous crûmes la perdre. Les vers qui y sont consacrés en disent plus long que tous les discours.
Enfin, je veux dire que je ne prétends à rien d’autres qu’à apporter mon modeste témoignage humain sur la vision de notre monde, tel qu’il est, avec ses inégalités sociales, ses injustices, ses barbaries, sur les événements importants vécus, tels que je les ai ressentis à travers ma propre expérience et ma sensibilité personnelle.
Je serai récompensé si j’ai été compris.
Gagny le 1er août 2008 Armand MANOUKIAN