LE DIABLE S’ENVOLE (I)
Un soir l’oiseau s’est envolé du nid
Sans savoir pourquoi vers des horizons lointains
Il s’est posé sur des branches gelées
Assoiffé de liberté ivre de nuits incertaines
Gare à toi oiseau des îles caraïbes
Gare aux prédateurs du sud torride
Ton envol est courageux tes ailes fragiles
Ton chant unique demain tarira
Un désert de sable a envahi ton nid déserté
Un silence de plomb s’est abattu sur les survivants
Une pluie de flammes a électrocuté nos vies
Comme si la mort annoncée était le bien du mal
Soudain le diable surgit d’un conte péruvien
Effrayé je lui fends la tête d’un coup de machette
C’était l’amour déguisé pour rire une plaisanterie
Je m’enfuis à la suite de l’oiseau envolé du nid
Vers les montagnes des Cordillères des Andes
Je reviendrai la nuit pour visiter les miens
En cachette déguisé aussi en faux diable
A mon tour je suis frappé en plein crâne
Vers les mêmes cimes mes assassins courent
Le nombre de diables exponentiellement s’accroît
L’on dit que le diable en personne s’est mêlé à eux
Qu’enfin il signa cette sombre histoire
Quelle histoire ! Celle d’une légende circulant
De bouche à oreille de nid en nid
De branche en branche d’essaim en destin
Depuis le départ de l’oiseau envolé du nid
J’imagine le retour de l’envol déçu
Ce jour-là ce diable-là partira en fumée
Et l’oiseau envolé du nid retrouva
Caché dans la maison qui l’avait vu naître
L’oiseau bleu qui l’espace de quelques nuits blanches
S’était cru trahi et abandonné
1999