MA MORT
« Et si ma mort l’on honore
Si mes proches et mes parents
Se séparent en gémissant
Sachez donc que je vis encore
Mais si ma tombe reste hors
Des sentiers connus de ce monde
Et si mon souvenir s’effondre
Alors sachez je serai mort »
Ces vers émouvants du poète
Mon enfance ont bercée
Ma jeunesse ont tourmentée
Aux âges où n’existe pas le néant
Je le dis comme je le pense
Comme le poète je m’en irai
Je m’en irai doucement
Je m’en irai au vent
Je m’en irai à la terre
Sans faire de bruit
Comme je suis venu
Sans l’avoir demandé
Je n’emporterai que ma mémoire
Ma mémoire si peuplée
Morte qu’en restera-t-il ?
Sachez êtres chers qu’une mort
Jamais n’est totalement entière
Vous serez mes amours en éternité
Je le dis comme je le pense
Où sont mes amis d’antan ?
Que sont devenues nos amitiés d’éternité ?
Qui se souviendra de ma vie ?
Qui se souviendra de mes bonheurs ?
Qui se souviendra de mes souffrances ?
Sachez qu’une mort n’est jamais
Jamais totalement achevée
Si d’aventure un seul être
Le long du chemin de la vie
Un seul être des êtres si chers
Une épouse une fille l’un des siens
Un ami une amie un inconnu
Si d’aventure un seul un seul
Le long du chemin de la vie
Parfois souvent ou sans cesse
Pense et conserve ton image
Alors sachez qu’un souffle persiste
Qui dans ce souvenir se perpétue
Il n’y a pas de mort définitive
Tant qu’un jour parfois souvent
Sans cesse un être se remémore
Mon visage mon passé ma vie
Alors je ne serai pas vraiment mort
Mais si le jour arrive qu’aucun pas
Qu’aucun pas ne foule mon cimetière
Qu’aucun être ne s’arrête à ma tombe
Qu’aucun ne me porte plus en pensée
Ni un jour ni parfois ni souvent
Alors vraiment je serai mort
Je n’aurai plus de cimetière
Je n’aurai plus de tombe
Je n’aurai plus de mémoire
Alors je serai vraiment mort
Ni doucement
Ni au vent
Ni à la terre
Ni à la vie
Il n’y a pas de mort heureux
Je serai parti
Je serai parti doucement
Je serai parti au vent
Je serai parti à la terre
Toute mort est inhumaine
1991